Que vit notre corps pendant le jeûne? Mécanisme, effets, bienfaits, poids…


Mythe ou réalité / dimanche, juin 10th, 2018

N’ayant aucune formation dans le domaine médical, j’ai effectué de nombreuses recherches afin de répondre à cette problématique dans le but d’apporter des réponses appropriées au jeûne du mois de ramadan. En effet, comme vous le savez, ils existent de nombreux jeûnes, pouvant durer plus ou moins longtemps, et cela joue sur notre corps. En l’occurrence, ici nous parlons d’un jeûne partiel puisque celles et ceux qui le pratiquent se réalimentent chaque soir. C’est pour cela, qu’ un tri parmi toutes mes trouvailles a été plus que nécessaire.
D’ailleurs, je me suis aperçue que beaucoup d’amalgames étaient faits. Explications.

Tout d’abord, rappelons qu’en France nous jeûnons près de 18h, de l’aube au crépuscule. Mais, ce qui est important de dire c’est que notre corps entre réellement dans un état de jeûne seulement environ 8h après le dernier repas, le temps que les intestins absorbent les derniers nutriments. Ce qui veut dire que si vous vous levez avant l’aube pour manger, donc environ vers 3h et 3h30 pour finir vers 4h du matin, l’abstinence débute vers midi. Le jeûne du corps dure réellement 10h.

Comment notre corps s’alimente pendant ces 10h d’abstinence?

Notre corps est très intelligent, et oui comme le dit la naturopathe Hinda Djeridi, « le corps a une conscience », en effet, il met en place une stratégie de substitution afin de s’auto-restaurer.
Lorsque celui-ci n’a pas d’apport extérieur de nourriture, il comprend qu’il passe en état de jeûne et va lui-même puiser dans les ressources dont il dispose. Le sucre étant le carburant numéro 1 de l’organisme, il va alors aller chercher celui qui est le plus proche, donc dans le sang sous forme de glucose.  Lorsque celui-ci est épuisé, il va ensuite le piocher dans le foie et les muscles, sous forme de glycogène, cette phase est appelée la glycogenèse.
Puis, il s’attaque au sucre stocké dans les graisses voire dans les protéines, et va le transformer afin d’obtenir du glucose, c’est la néoglucogenèse. Cependant, ce mécanisme se met en place tard dans la journée donc proche de la rupture du jeûne, et ne dure pas longtemps voire pas du tout pour certains.

Perte ou prise de poids?

Comme expliqué ci-dessus, la phase néoglucogenèse ne dure pas assez longtemps pour que les graisses soient réellement sollicitées. Ainsi, beaucoup se plaignent de ne pas perdre de poids durant le mois de ramadan voire d’en prendre. Ce qui joue un rôle important c’est la manière dont le jeûne est rompu. Donner à notre organisme à jeun, des aliments ayant du sucre raffiné, du mauvais gras ou encore des aliments transformés, bref des plats qui non seulement sont copieux mais dont la valeur nutritionnelle se rapproche de zéro, ce n’est pas lui rendre service. Plus il y a aura de gras et sucré (non naturel) sur nos tables lors de la rupture, moins il y aura de perte de poids. A cela s’ajoute, un mois ou notre rythme habituel est perturbé et un sommeil réduit. Des éléments qui favorisent la prise de poids. Néanmoins, tout dépend de chacun, chaque personne est unique.
L’objectif n’est pas de faire de ce mois un régime, mais d’apprendre à respecter notre corps, et de lui offrir de bons apports nutritionnels. Il s’agit tout simplement de prendre conscience de ce que notre corps a besoin et tenter d’y répondre aux mieux en alliant le plaisir 😉 Revoir quelque peu son hygiène alimentaire ne peut que faire du bien.
Pour cela, je vous suggère quelques conseils pour une meilleure alimentation durant le ramadan, cliquez ici.

Quels sont les effets du jeûne dans notre corps?

On nous le répète tout le temps et partout, le jeûne permet de détoxifier le corps, de le nettoyer en profondeur.  Beaucoup en témoignent comme Thierry Casasnova, leader du mouvement de l’alimentation vivante et youtubeur, a fait de nombreuses vidéos à ce sujet. Parmi lesquelles il met en lumière le mécanisme d’autophagie (lien en fin d’article). En état de jeûne, lorsque le corps va puiser dans ses réserves, il va d’abord se nourrir des tissus dits « malades », c’est-à-dire dégradés et faibles accumulés par l’organisme. Il va tout simplement les recycler et ainsi se renouveler  afin de se refaire une santé. N’est-ce pas magnifique? 🙂 🙂
D’autre part, lorsque l’on s’abstient de manger, notre corps se met au repos. Hors jeûne, l’organisme passe son temps à digérer, nous prenons 3 voire 4 repas par jour, or un cycle complet de digestion a besoin de 24h. En réalité, nous ne lui laissons pas le temps d’effectuer ce mécanisme tranquillement sans qu’on lui mette d’autres aliments à digérer. Un cercle vicieux. La digestion est le mécanisme qui réclame le plus d’énergie au sein de notre organisme. Par conséquent, à jeun, celle-ci qui est utilisée d’habitude pour la digestion, va se concentrer pour d’autres systèmes métaboliques pour les assainir :

Coeur : étant donné qu’il y aura moins de sang sollicité par le système digestif, il sera utilisé pour éliminer le cholestérol stocké dans les artères. Tout le système cardiovasculaire ralenti.
Estomac et intestins : moins d’aliments l’estomac et les intestins, ils en profitent également pour se purifier et éliminer toute matière fécale, pour une meilleure digestion.
Poumons : nous absorbons constamment des toxines de notre environnement qui s’accumulent, le jeûne permet aux poumons alors de s’en débarrasser.
Reins : le système de dialyse augmentent et permet donc une meilleure élimination des déchets.
Foie : il fournit à l’organisme le glycogène (comme expliqué plus haut) et va s’assainir.
Système immunitaire : de l’énergie sera apportée dans la réfection cellulaire et va donc recycler les cellules malades.
Ainsi, tous les systèmes sont mis à contribution. Ceci concerne les personnes qui sont dans la capacité de jeûner et ne présentant pas une pathologie l’empêchant de le pratiquer.

Les bienfaits sur la santé

Je ne vais pas en faire une liste (l’article est assez long comme ça ;)), mais comprenons que le jeûne nous éloigne des pathologies potentielles à tous les niveaux grâce à un système immunitaire renforcé et des organes purifiés. Cette pratique permet de limiter la progression de certaines tumeurs et cancers. D’ailleurs, couplé avec une chimiothérapie, il permet au traitement d’être plus efficace.
En résumé, le jeûne est une autoguérison, mais encore faut-il avoir une hygiène alimentaire correcte.
Par ailleurs, l’aspect psychique et psychologique est aussi concerné. Le jeûne permet de clarifier l’esprit et d’améliorer ses performances intellectuelles. La naturopathe Hinda Djeridi affirme que Pythagore demandait à ses élèves de jeûner 40 jours avant de s’inscrire dans son école dans l’optique de mieux acquérir la connaissance. Ce qui vient briser la croyance, manger pour mieux réfléchir…
Socrate et Platon demandait également à leurs élèves de jeûner 10 jours par mois. Même chez les animaux le jeûne est pratiqué. Lorsqu’un animal est malade ou blessé, il va naturellement arrêter de s’alimenter afin de guérir. Ce qui démontre que le fait de cesser temporairement de manger est un état physique naturel 😉
Le jeûne serait en plus antidépressif, en effet après plusieurs jours de pratique, une sensation de bien-être et d’harmonie commence à faire effet. Et la liste n’est pas exhaustive.

L’organisme est constamment perturbé lorsque nous nous alimentons, bien que ce soit une nécessité. Cependant, ne rien manger c’est donner l’opportunité à notre corps de faire une pause, grâce à laquelle les différents systèmes vont se reposer, ralentir et se nettoyer. Néanmoins, pour bénéficier de tous ces bienfaits, il est nécessaire d’avoir une alimentation saine et nutritive pour ne pas polluer de nouveau l’organisme. Voilà de quoi se pencher et méditer sur notre hygiène alimentaire.

Et vous, pratiquez-vous le jeûne? Comment agit-il sur votre corps?

Source :
madame.lefigaro.fr
monretourauxsources.fr
le-bdouin.com
Hinda Djeridi
al-kanz.org
Thierry Casasnova

 

 

2 réponses à « Que vit notre corps pendant le jeûne? Mécanisme, effets, bienfaits, poids… »

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